La libellule bleue

"JE T'M" de Isabelle Le Louarn

Je t'm, un peu beaucoup, passionnément, à la folie ...

Il y a tellement de façons de dire à quelqu'un qu'on l'aime. Mais imaginez une seconde une histoire qui démarre avec un SMS anodin. Si invisble qu'on a du mal à croire que l'amour peut en émerger. C'est pourtant ce qui arrive à Anne et Alexis. Deux âmes en peine, en manque d'amour. D'un vrai amour. Au-delà des mots, des fantasmes, des rêves. D'un amour intouchable. Tabou. Parce qu'Alexis est marié et qu'Anne aime F.

Commence alors un jeu subtil. Un dialogue sensuel et romantique qui durera plusieurs mois. Un échange d'SMS qui verra naître un véritable amour. Interdit quoiqu'il en soit.

Avec des mots furtifs, presque volés aux sentiments de nos héros, Isabelle Le Louarn nous raconte une histoire douce et passionnante au dénouement quelque peu malheureux mais avec espoir et frivolité, où séduction rime avec sentiments.

Kartapus.

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"En cas de bonheur" de David Foenkinos

 

Personne ne savait que faire en cas de bonheur. On avait des assurances pour la mort, pour la voiture, et pour la mort en voiture. Mais qui nous protègera du bonheur ? Jean-Jacques venait de comprendre que ce bonheur, en devenant si fort, était la pire chose qui pût lui arriver.

Le couple est "le pays qui a la plus faible espérance de vie" comme aime à l'écrire David Foenkinos ... Et son dernier roman nous l'explique avec ironie et humour. Avec toujours ces mots doux savamment associés pour créer un suspense (oui même dans un roman d'amour !!!) et une ambiance hors normes.

Les rebondissements s'enchainent, les évènements surprenants nous assaillent, nous sautent à la gorge pour une lecture exquise et délicieuse.

Jean-Jacques et Claire sont heureux. Ils ont ce qu'on pourrait dire de la chance. Leur bonheur rend jaloux. Seulement le bonheur tue à petit feu. Trop c'est trop !!! Alors pour pallier à sa mélancolie, Jean-Jacques se trouve une maîtresse avec qui il joue sans prendre suffisamment de pincettes jusqu'au jour où Claire, désespéremment au courant, le quitte ...

La suite est pleine d'aventures drôles et merveilleuses où le bonheur semble vous rattrapper malgré les écarts de la vie. Bien sûr, un petit coup de pouce n'est jamais de refus ...

A lire impérativement.

Kartapus.

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"Inversion de l'idiotie" de David Foenkinos

 

 

Que se passe-t-il quand on s'appelle Victor, que l'on ne sait plus comment dire à Teresa qu'on l'aime et qu'on lui offre pour ses trente ans une boîte de sardines millésimées ?

 

            Il se passe ceci : un Conrad qui tombe des cieux, enfant-adulte attendrissant au mystérieux pouvoir de sensibilité, deux Polonais qui débarquent à l'improviste pour filmer un pseudo reportage sur le déchirement des parents de Conrad (entendez ici Victor et Teresa) et une foule de nouveaux "amis" qui se bousculent au portillon pour apprécier la compagnie de notre cher Conrad, dont Martinez et ses moustaches, Edouard et ses transactions frauduleuses, Eglantine et son plumeau ...

 

            Complètement farfelu, me direz-vous !!! Et bien, pas tant que ça. Si l'on met de côté les extravagances de l'auteur et de ses personnages, on lit une belle histoire d'amour et d'amitié au-delà de toute logique. Les sentiments ici forment une mélopée de douceurs et de haines qui s'entrechoquent comme des électrons. Les + et les - se bousculent pour notre plus grand plaisir.

 

            A tout ce bonheur si bien manigancé et agencé, il va tout de même arrivé quelques imprévus, disons pour le moins déroutants. Bien sûr.

 

            A lire impérativement.

 

            Kartapus.

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"Avant les hommes" de Nina Bouraoui

 

 

 

Ma mère dit que l'amour n'existe pas, que tout est érosion de tout, que les corps s'usent à force de se fréquenter. Elle a quitté mon père quand je suis né. Elle dit que, dans l'amour, il y a cette idée de s'occuper de l'autre. Elle, elle ne voulait pas s'occuper de mon père, ou alors elle voulait juste s'occuper de son corps de temps en temps, mais pas de lui au quotidien ; elle dit aussi que l'on est sûr que d'une seule chose : le sexe ; qu'il n'y a que cela qui existe, depuis toujours, que le monde est un sexe géant : des gens en vivent, et d'autres en meurent.

 

[...]

 

            Un jour mon père a dit que ma mère l'avait quitté parce qu'elle n'aimait pas assez la vie, qu'il y avait ce malheur au fond de ses yeux qu'elle ne pouvait plus supporter, ça faisait écho à son propre malheur, elle disait que ce n'était pas bon pour elle, pour son esprit, qu'il lui fallait quelqu'un de fort à ses côtés pour ressouder les failles. Je ne sais pas si l'amour c'est la fin du vide, la fin de la solitude, la fin du vertige. Je ne sais pas si l'on peut exister sans ressentir de l'effroi, et je ne sais pas, de toute façon, si l'amour existe vraiment, si ce n'est pas juste une invention des gens pour avoir moins peur de la vie.

 

 

            A travers les pensées d'un jeune garçon, Nina Bouraoui nous parle d'amour. Pas le simple amour entre un homme et une femme. Non, l'histoire d'un jeune homme en proie à de multiples formes d'amour, ravageuses et étouffantes. Il y a d'abord l'amour de son père absent et faible parce qu'il est tout simplement son père, et qu'il l'aime comme il est. Celui de Ralph, son dealer, amour platonique et sensible, parce qu'il est celui qui lui vend du shit parfois. Il y a l'amour d'Alex, l'amant de sa mère, l'amour physique et bestial, parce qu'il est beau et qu'il n'appartient qu'à sa mère. Il y a aussi l'amour de Sami, son amant secret et imaginaire, son fantasme de tous les jours, son amour des autres jours, ceux qui n'existent pas dans ce monde. Et puis, enfin, il y a l'amour de sa mère, son amie comme son ennemie, sa chaleur maternelle étouffante, son incompréhension, ses actes insensés et ses déboires de célibataire. Il y a dans cet amour, de la haine et de la compassion. Il y a cette fuite désespérée du foyer, inaccessible tout comme l'est Sami.

 

            Nina Bouraoui joue avec les mots, les mélangent, en façonnent une poésie nouvelle. Elle crée de nouvelles expressions, de nouvelles façons de parler de l'amour. Qu'il soit, filial, amical ou amoureux. Qu'il soit, déchirant, envoûtant ou rêvé. Elle réassocie avec malice et douceur les sentiments dont on a du mal à parler. Le plaisir de lire ce livre vient de cette faculté de l'auteur à enchaîner les sentiments à la réflexion, à créer un lien indestructible qui pousse le lecteur à finir le livre avec la hâte de celui qui aime. Intensément.

 

            A lire impérativement.

 

            Kartapus.

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« Le potentiel érotique de ma femme » de David Foenkinos

 

 

            Hector avait une tête de héros. On le sentait prêt à passer à l'acte, à braver tous les dangers de notre grosse humanité, à embraser les foules féminines, à organiser des vacances en famille, à discuter dans les ascenseurs avec des voisins, et, en cas de grande forme, à comprendre un film de David Lynch. Il serait une sorte de héros de notre temps, avec des mollets ronds. Mais voilà qu'il venait de décider de se suicider. On avait vu mieux comme héros, merci. [...]

 

            [...] Toute sa vie, il n'avait été qu'un cœur battant au rythme de ses découvertes. Il avait collectionné les timbres, les diplômes, les peintures de bateaux à quai, les tickets de métro, les premières pages des livres, les touilleurs et piques apéritif en plastique, les bouchons, les moments à toi, les dictons croates, les jouets Kinder, les serviettes en papier, les fèves, les pellicules photo, les souvenirs, les boutons de manchette, les thermomètres, les pieds de lapin, les registres de naissance, les coquillages de l'océan Indien, les bruits à cinq heures du matin, les étiquettes de fromage, bref, il avait tout collectionné, et, à chaque fois, avec la même excitation. [...]

 

            [...] Tout était dans le « peut-être » car, franchement, son futur lui paraissait flou ; son futur était un cliché de paparazzi. [...]

 

            Et puis Hector, après un échec suicidaire honteusement caché derrière un simili de voyage aux States, décide d'arrêter de collectionner avec la même volonté que le fumeur d'arrêter de fumer. C'est ainsi qu'il rencontre Brigitte, alors qu'il tente d'élargir son champ de vision et de connaissances américaines.

 

            [...] Aux Etats-Unis, les collectes étaient une coutume pour les opérations non financées par la Sécurité sociale qu'ils n'ont pas, et, du coup, on récoltait souvent du dollar pour des greffes de reins. En quelque sorte, Hector allait essayer de  se greffer une nouvelle vie. [...]

 

            Une nouvelle vie qui encadre la douce Brigitte. La merveilleuse aux mollets doux et charmants.

 

            [...] Au bord de la sensualité somnolait la violence. Il n'y avait rien que l'acte. Les soupirs faisaient penser à des gorgées d'eau dans le désert. On ne pouvait pas savoir qui prenait le plus de plaisir, l'omniscience s'arrêtait devant les orgasmes possibles. [...]

 

            Jusqu'au jour où Hector réalise que sa femme possède un potentiel érotique hors norme : le lavage de vitre. Piteusement il retombe dans la collectionnite et se met à collectionner les moments de sa femme, ceux où elle lave des vitres.

 

            Avec une poésie rarement égalée, David Foenkinos nous conte une histoire touchante et teintée d'humanité où l'homme, en proie à ses phobies comme ses faiblesses, doit apprendre à survivre pour retrouver un semblant de vie normale, de bonheur.

 

            A lire impérativement.

            Kartapus

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